L’histoire de Baptistine

À l’origine, Baptistine était le prénom de mon arrière-grand-mère. Elle était calme, douce, patiente et avait toujours ce sourire empli d’amour et de bienveillance. Elle tricotait des pulls, des gilets et tout ce qu’on pouvait lui demander, dans toutes les couleurs et pour toutes les saisons.

Sa maison était pleine de petites choses faites au crochet ou au tricot. Des petits napperons, des pompons, ses nombreux ouvrages en cours, les catalogues avec les échantillons de laines… Tout ça me passionnait et m’impressionnait. Je pouvais passer des heures à regarder et toucher avec envie tous ces fils en me demandant comment on pouvait avec juste ça, réussir à créer d’aussi belles choses.

Simone et Clara

Ma grand-mère a essayé de m’apprendre, mais étant gauchère, elle pensait qu’il me fallait une technique spéciale pour les gauchers et cela n’a rien donné. Triste, mais pas découragée, je me suis essayée au tricotin, au canevas, à la broderie, à la couture, aux bijoux en perles, aux collages, au métier à tisser… J’aime beaucoup prendre un objet qui semble insignifiant ou inutile pour en faire quelque chose de magnifique et dont je pourrai me servir toute ma vie. Malgré tout, l’envie de tricoter ne m’a jamais lâché.

Le matin du jour où je célébrais en famille mon 18ème anniversaire, mon arrière-grand-mère s’en est allée. Je l’ai pris comme un dernier message de sa part, comme si elle voulait me montrer que quoi qu’il arrive à l’âge adulte, elle serait à mes côtés.

J’ai hérité de ses pompons, ses pelotes et ses restes de laines. Je me retrouvais face à des dizaines de pelotes de toutes les couleurs et l’incapacité de faire quelque chose avec. Je me suis donc renseignée et ma mère m’a présenté un groupe de tricoteuses adorables chez Bobines & Pelotes. Elles m’ont patiemment appris à manier les aiguilles, maille après maille, rang après rang.

Echarpes

À force de travail et d’acharnement, j’ai fait une première écharpe (pleine de trous, à la largeur variable et pas franchement jolie, il faut l’admettre). Puis une seconde écharpe, puis une autre, avant de me sentir prête à faire quelque chose de mon précieux héritage.

Avec toutes ses couleurs, ses matières, ses tailles et ses marques différentes, j’avais du mal à imaginer ce que je pourrai faire. Alors j’ai repensé aux châles de mon autre arrière-grand-mère. Elle les avait faits il y a des années et aujourd’hui encore, ils sont parmi nous. Ils nous tiennent chaud l’hiver et je ne peux m’empêcher de penser que, d’une certaine manière, c’est elle qui nous réchauffe de là où elle est.

N’ayant absolument pas le niveau de faire un joli châle, j’ai entrepris de tricoter un plaid. Après quelques rangs, j’ai vite compris que je pourrai en faire plusieurs avec toutes les pelotes que j’avais, mais ça, c’est une autre histoire.

Plaid tricot

Aujourd’hui, ce plaid me suit partout où je vais, il recouvre mon lit et réchauffe mes nuits que je sois à Londres ou à Paris.

Fière d’avoir réussi à atteindre cet objectif, je n’ai pas abandonné le tricot bien au contraire. Je me suis trouvé une activité qui me calme, m’apaise, me détend et me donne le sentiment de savoir faire quelque chose d’utile de mes dix doigts. Ce sentiment de satisfaction et de fierté quand à la fin on voit ce que donne son travail n’a pas de prix.

Ouvrage après ouvrage, j’ai réussi à convaincre mes amies de se mettre avec moi au tricot et ainsi à transmettre ce qu’on m’avait appris. Le tricot a ce côté magique de la transmission des savoirs à l’ancienne, comme cela se fait depuis la nuit des temps.

J’ai créé ce blog pour partager mon amour pour le tricot et toutes ces petites choses qui (à mon sens) rendent la vie plus belle et plus douce.

Et vous ? Qu’est-ce qui a donné envie de tricoter, broder, coudre, créer… ? 

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12 réflexions sur “L’histoire de Baptistine

  1. Bonsoir ma belle 🙂 Cet article m’a tout simplement donné les larmes aux yeux. Je suis touchée par cette histoire et je pense que tu as rendu un hommage magnifique à ton arrière grand mère, elle serait fière de toi sans aucun doute.

    Pour ma part, comme tu le sais déjà, je fais du point de croix. Un hobby « ringard » pour la plupart des gens, mais que j’aime énormément. Je fais également de la couture, du modelage, mais le point de croix est ce que je fais de plus régulier. Depuis toute petite, je voyais ma p’tite maman réaliser des véritables merveilles avec des fils de couleur, une toute petite aiguille, et une trame blanche. Au collège, je me suis inscrite au club de broderie (je ne t’explique pas les moqueries à l’époque !) et j’ai appris, patiemment, et avec son aide. D’abord des petites choses. Puis elle m’a offert mes premiers « kits », de plus en plus grands. Aujourd’hui, je travaille sur un modèle de 42 pages, qui risque de me mettre 6/7 ans de travail. C’est extrêmement long mais peu importe. Je suis très fière d’arriver à faire quelque chose de mes mains, quelque chose qu’elle m’a légué.

    Je t’enverrai des photos si tu veux 🙂
    En tout cas, continue sur ta lancée, j’ai hâte de lire ton prochain article ❤

    Kap'

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    • Merci Kapryss ! Bon courage pour ta broderie, j’ai hâte de voir la broderie terminée 😉
      Et oui, il faut souvent affronter les moqueries des autres mais voir les résultats de nos efforts et de nos travaux en vaut largement la peine (je trouve).

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  2. Les catalogues de laine ! Ma mère me faisait choisir la laine que je voulais pour me faire des pulls quand j’étais enfant. J’ai choisi des couleurs improbables et complètement flashy ! Elle a essayé de m’apprendre mais j’arrivais pas, je faisais 3 rangs, il y avait quelque chose qui clochait, je lui filait, elle faisait quelques rangs, me redonnait l’ouvrage et je faisais de nouveau des nœuds ou bien je perdais une maille. Un jour je me suis dit que j’allais essayer, j’ai appris avec YouTube et j’ai offert à ma mère un snood pour Noël avec une torsade en lui disant que je l’avais fait ! Elle a eu du mal à me croire ! J’aime beaucoup le prénom de ton arrière grand mère, et quelle chance de l’avoir connue et d’avoir appris d’elle. C’est chouette de continuer à la faire vivre à travers la laine ! Bon courage pour ce blog 🙂

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    • Quelle jolie histoire tu racontes là avec ta mère. Tu as dû beaucoup l’émouvoir !!! Les aventures que nous vivons de génération en génération à travers le tricot sont la preuve que les machines ne remplaceront jamais l’amour que dégage un ouvrage imparfait, mais fait à la main 😉

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  3. Très beau témoignage, émouvant!!! Je suis comme vous. J’ai appris à tricoter avec ma maman. Je viens de reprendre cet hiver. Le tricot apaise, permet de s’évader. Bonne continuation . Au plaisir de vous lire!!

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    • Merci pour votre gentil message Mouty ! Oui, le tricot a ce pouvoir d’apaiser, de calmer et de nous permettre de nous évader. Au plaisir de vous revoir sur mon blog 🙂

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  4. Très jolie présentation…maman m’a appris a l’autre siècle…
    Mes aiguilles étaient roses et en plastique….et j’ai toujours tricoté …J’adore le point mousse que je trouve chic!
    A bientôt de vous lire

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    • Merci Fleurdelin 🙂 Ma maman ne m’a pas appris le tricot, mais elle m’a appris la couture. Peut-être oserais-je partager une de mes prochaines créations très bientôt, mais avant je dois me perfectionner pour pouvoir faire quelque chose de présentable.

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  5. Merci pour cet émouvant témoignage. J’en ai les larmes aux yeux. C’est un bel hommage rendu à votre arrière grand-mère!
    J’ai appris à tricoter avec ma mémé. Je pense à elle, à chaque fois que j’ai des aiguilles entre les mains. bonheur, joie et détente ; voilà ce que je ressents lorsque je tricote. Bonne continuation. Belle et douce journée

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    • Merci Lulu. C’est maintenant votre tour de m’émouvoir avec votre si gentil commentaire ! Je pense aussi toujours à mon arrière-grand-mère quand je tricote. C’est un bon moyen de les garder toujours dans nos coeurs et nos douces pensées. Bonne continuation pour vos prochains tricotages !

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  6. Une très belle et longue lignée de créatrices… que c’est chouette !
    Pour ma part, j’ai une maman qui tricote, qui crochète et qui couds, mais qui n’a pas su trouver avec moi la patience nécessaire à l’enseignement (bien qu’elle fut institutrice !)…elle est aussi très perfectionniste. Résultat : elle crée des choses magnifiques, parfaites en tous points, et m’a donné beaucoup de complexes par rapport à cela !
    Mais je me suis lancée, il y a quatre ans, dans la couture, et depuis quelques mois seulement dans le tricot. C’est une bouffée d’oxygène ! Je crée pour moi, pour les enfants autour de moi…je m’éclate !
    Je m’efforce de me perfectionner à chaque ouvrage, et peut être un jour léguerai-je quelque chose à ma descendance comme Baptistine le fit avec toi !
    Bonne continuation, à bientôt sur la blogosphère !

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    • Merci pour ton si gentil message ! Quel courage d’avoir su se lancer, ce n’est jamais évident avec une telle pression familiale (je sais de quoi je parle 😉 )
      Les loisirs créatifs/DIY ont se pouvoir d’être une vraie bouffée d’oxygène, de nous détendre et aussi d’apporter ce sentiment de satisfaction d’avoir réussi à faire quelque chose de ces dix petits doigts !
      Bonne continuation et à bientôt.

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